Petite abeille.

Mots-clefs

, , , ,

J’ai longtemps hésité à t’écrire, ma douce … mais ce soir j’ai eu un coup au coeur, j’ai eu peur que tes profils de facebook aient disparus… J’ai eu peur de ne plus pouvoir te lire, ou regarder tes photos…

Ta dernière publication était pour montrer ton désaccord par rapport à Trump… C’était le 10 décembre. Un mois plus tard, tu n’es plus là.

Et c’est douloureux.

Je ne suis pas prête à te dire adieux. Je pensais que ça allait passer plus vite, comme on ne s’était jamais rencontrée en real life, on c’était parlée via le chat vidéo… c’était tellement bien… Mais non.

Bien sur la vie continue… Bien sur.

Mais tu étais ma coupine 2.0.

Je m’étais inquiétée pour toi lorsque tu es tombée dans le coma. Je vivais dans l’angoisse de te savoir sortie d’affaire. J’avais peur pour tes enfants… J’ai été tellement heureuse et soulagée quand on nous a annoncé que tu étais sortie du coma. Heureuse car tu m’avais demandé de t’avertir de la naissance de Miss Fée. Tu étais tellement contente de suivre ma grossesse…

Je t’ai suivies avec assiduité dans ton combat contre la maladie, contre ce corps qui n’en faisait qu’à sa tête. Je t’ai admirée dans ton acharnement pour perdre du poids, redevenir continente, remarcher enfin… Je t’ai soutenue dans ton combat pour voir tes enfants…

Puis le couperet tombe, juste avant les fêtes… La tumeur prend de l’ampleur, tu ne gagneras pas la bataille… Courageuse petite abeille, tu as volé contre le vent…

Je t’écris, quelque part je suis sûre que ton travail n’est pas terminé. Il y a deux petits lionceaux qui ont encore besoin de leur maman… Ils sont si petits, de si petits bouts ne devraient pas vivre sans maman… La vie est injuste… Elle est sans coeur… Elle aurait pû te féliciter de tes efforts, te récompenser en te laissant encore des dizaines d’années…

Il y a des personnes si pourries qui ont le permis de vivre, et d’empoisonner la vie des autres. Alors c’est ça notre monde ? C’est les méchants qui gagnent…??

Tu me manques… Je me retiens de t’écrire sur ton mur… Je me retiens, je n’y crois toujours pas, tu n’es plus là…

Ma peine, elle, est toujours si présente… Jamais je n’aurais pensé avoir autant de mal à faire le deuil d’une amie que je n’ai jamais rencontré. Jamais je n’aurais parié que ton départ me touche autant… Heureusement, il me reste un peu de toi…

Miss Fée adore ton cadeau, elle aime beaucoup jouer avec, puis par défaut je ne lui laisse que celui-là… J’en ai plein des Lamaze… Mais celui là a quelque chose en plus, que les autres n’auront jamais.

J’ai encore tellement de choses à te raconter… tellement de choses…

Tu me manques.

ça fait mal en dedans… c’est douloureux…

J’en veux encore de tes commentaires à rallonge sous les photos de mes filles, j’en veux encore de tes panneaux à l’humour pourris, j’en veux encore de tes arrangements mariage entre Miss Chipette et ton Léo, j’en veux encore de tes râleries parce que tu avais faim, ou que des vieilles t’embêtaient un peu, de tes parties de carte, de tes progrès…

Tes garçons aussi me manquent. Est-ce qu’ils vont bien ? Comment leur père gère ta disparition ? Est-il correct avec eux ? Et ta maman … Ta maman qui a été tellement présente pour toi…

Je suis amie avec Aurore, tu sais, ton amie d’unif. C’est un petit peu de toi qui me revient lorsqu’elle commente et like une photo… je me dit c’est un peu comme si c’était toi, et je me console comme ça …

J’ai envoyé mes condoléances à ta maman hier. C’est Miss Perle qui a choisit la carte… Je ne lui ai pas vraiment expliqué a qui elle était destinée, je ne voulais pas qu’elle aie peur de la probabilité que je meurt aussi… Mais elle y tenait. Apparemment, la carte que j’avais choisie n’était pas jolie.

Je pense aussi a Karine, elle ne le montre pas, mais je soupçonne que son moral doit être encore plus bas que le mien…

Tu sais, tu étais tellement aimée de ton vivant… Je ne suis pas la seule a te pleurer encore à mon avis.

Au revoir, petite abeille … je garde cette image de toi dans mon coeur : un sourire, un verre à la main, et de l’amour, pour tes enfants, pour les autres, de l’attention, de l’amitié sincère…

Tu vas me manquer. Tu me manques déjà terriblement.

15941268_10155103042211664_6060252992031003731_n